Approche paysagère du Tairial: regard porté et interprétation du résident.

A partir de la maison, une vue panoramique permet d’apercevoir une série de paysages variés et symboliques de Creuse en piémont du plateau de Millevaches. La végétation est dominante, jamais fermée et de taille variée et diverse. Ainsi sous le son du passage du ruisseau de la Martinèche, que l’on devine et aperçoit scintiller seulement l’hiver, de jolis spécimens de feuillus dominent par leur hauteur. Et ainsi masquent la présence d’un chemin vicinal où seulement et parfois, à claire-voie, l’ombre d’un passage se fait jour. Au sommet, en ligne de crête boisée, on distingue les contours de la colline qui héberge la Pierre aux neufs gradins, le site repaire de Martin Nadaud.

On est là en présence d’un grand perchoir à destination notamment de rapaces, ceux qui viennent narguer nos poules! Sous leur ombrage, des champignons comestibles attendent…

Sur sa droite, une parcelle de bois feuillus se distingue et c’est un muret de pierres sèches qui structure l’endroit. Ce petit terrain laisse imaginer comment les partages en héritage l’ont identifié et protégé. Un pont planche en dalles de granit nous laisse comprendre que le passage par dessus le ruisseau a évolué avec les moyens de locomotion des divers époques. C’est un vestige. De cet endroit, les arbres s’écartent pour laisser jour à l’axe qui mène au bourg.

Lorsque le regard se rapproche du pied de la maison, une zone plane laisse deviner un petit territoire humide et gorgé d’eau à la suite de grosses pluies. Cet espace est répertorié et identifié par le conservatoire des espaces naturels. Il joue un rôle de bassin de rétention et un grand filtre de la phytoépuration, royaume des papillons et qui traite nos eaux d’effluents domestiques. On y trouve des roseaux et quelques essences arbustives de type vergnes ou saules. Des pas japonnais nous aident à pénétrer ce milieu, celui d’une tourbière en devenir!

Puis, vers l’Est, d’où le soleil laisse monter des lueurs, c’est la clairière qui se dévoile et aux beaux jours on y perçoit de légères brumes, signe d’une promesse, que la chaleur arrivera avec le plein jour.

Au plus près, les jardins potagers, s’installent, protégés des vents et courants d’air peu propices aux plantes et légumes. Le calme y est paisible et favorise le repos.

L’œil attentif remarque les restes d’un ancien lavoir et l’aménagement d’une pêcherie. Ces équipements, alimentés par une source, symbolisent une vie typique d’une période qui précède l’arrivée de l’eau courante. A cette époque, on y conservait les poissons vivants, source de nourriture fraîche. On est là, à proximité de la souche du frêne plus que centenaire qui côtoie l’ombre de son voisin le noyer généreux.

Sur la gauche, se dessine un terrain légèrement aménagé et ayant vocation d’un verger. Certaines espèces à noyaux et à pépins s’y côtoient entre noisetiers et haies ou bosquets de fruits rouges. A la belle période, il n’est pas rare d’y trouver des randonneurs y planter la tente. Les ânes et chèvres apprécient son fourrage qu’ils partagent avec les chevreuils.

Les limites du territoire, à cet endroit, sont symbolisées par un vieux chêne dominant, ainsi que par d’autres arbres remarquables, quelques fois résineux, qui laissent apparaître entre leurs pieds, mais au loin, les villages environnants, les prairies et troupeaux voisins. Un chemin rural sans destination, emmuré et creux créait une zone de non lieu.

Le décor est planté!

René CALOT le 01/01/2018

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